samedi 31 mai 2008

mariage parfait



Avec l'agneau si doux, j'ai conjugé un Gran Lurton. Je vous prie de croire sur parole que c'était bon, ce cabernet sauvignon. Une cuvée 2004. Mais rien d'acariâtre. Quel beau mariage! Pour si peu d'âge.
Même si l'occasion ne fait pas le larron, l'Argentine parfois flirte avec le sublime. J'arrose l'agneau si tendre et juteux, sans jamais rien de comateux. Aucun sacrifice, ni malice. Au contraire. Fallait plaire. Et il a plu! Comme un grand cru.

PS: en cliquant sur le titre, vous aurez les spécifications du vin dégusté avec l'agneau si doux.

jeudi 29 mai 2008

Amitié (bis)

L'année 2008 a été le théâtre de retrouvailles. Un à un, nous avons retracé une trentaine de cégépiens du début des années '70. Et quel plaisir avons nous ressenti chaque fois qu'un nom s'ajoutait à cette liste. Quelle belle machine à souvenirs. Quel joli engin à remonter le temps. Le Google du temps qui passe. Les réminiscences du passé qui remontent à la surface après 30 ans.

Des visages changés. Des tronches méconnaissables. Des voix oubliées et d'autres qui résonnent encore et encore. Ces échanges échevelés me font réaliser à quel point cette période de ma vie a été un moment déterminant. Deux ans et des broutilles pendant lesquelles j'ai fleuri. Je suis sorti de ma coquille et esquissé moi-même l'itinéraire que j'allais suivre. Malgré l'orienteur qui m'avait lancé platement que je n'avais aucun avenir «là-dedans». Malgré (ou grâce à...) Marie-Chantal, ma prof de diction, qui m'a « giflé » - au sens évidemment figuré - en claironnant devant toute la classe ses doutes existentiels quant à mes chances minimalistes de mettre un jour le bout de l'ombre d'un pied dans une station de radio...




Souvenirs pointus, souvenirs aigus. Mais quels plaisirs.


Nous nous reverrons tous et toutes en juillet... à Québec.




mercredi 28 mai 2008

Amitié

À deux exceptions près, mes amis FaceBook sont tous des gens que je connais. Soit des membres de ma famille, soit des ex-collègues, des amis, des connaissances, des relations ou des gens auxquels je suis attaché pour moult raisons. Le hasard et les affinités ont fait en sorte que quelques «amis» se sont ajoutés. Deux personnes auxquelles j'ai répondu «oui» à leur requête d'amitié. Et je n'ai pas à le regretter.
Je devine déjà votre réaction... Oui, oui, oui, je sais. FaceBook et ses semblables ont défiguré la notion d'amitié. Oui. Personne ne peut rigoureusement prétendre être ami avec la Terre entière... sinon nous ne nous entendons sûrement pas sur la définition, la nature et les exigences de la véritable amitié. Par contre, il est aussi vrai de prétendre que de nouvelles amitiés peuvent se nouer et perdurer.

N'empêche tous les outils du Web 2.0 facilitent les liens avec les gens en permettant une communication rapide, facile et modulable. C'est un avantage indéniable dont je ne voudrais surtout pas être privé.


Puis-je vous dire à quel point l'amitié c'est merveilleux?


PS: Je peux le démontrer si besoin est.



mardi 27 mai 2008

Propos livresques


Un livre c'est comme une bouffée d'oxygène. Pas une journée ne passe sans me voir avec un livre à la main. Un livre dans la tête, devrais-je dire. Car ces histoires m'habitent. Les bonnes m'envahissent et me hantent parfois. Alors, je construis mes propres décors, revisite la mise en scène et donne vie aux personnages. Il m'arrive même à l'occasion de me glisser dans un rôle fait sur mesure de mes rêves, d'incarner le personnage et de lui donner une voix. La mienne. Alors, j'entre en méditation. Je me fais mon propre mon cinéma. Je me retrouve entre deux dimensions, entre deux eaux, entre deux mondes: le mien et celui de l'auteur. Car le livre est autant le prolongement de l'auteur que du lecteur. Chacun contribue à sa façon.

Un bon livre c'est comme une drogue dure. Tu deviens accroc. Tu ne peux t'en séparer, le mettre de côté, fermer les couverts. Tu combats la fatigue, l'ennui, le stress et la détresse avec un bon livre. Rien n'est aussi accaparant qu'un bouquin dont la lecture t'obsède. Tu voudrais ne jamais le lâcher. Le lire d'un couvert à l'autre. D'une traite; sans pause.

Sans livre ma vie n'aurait pas été la même; je ne serais pas devenu celui que je suis. Sommes nous autre chose que la somme des romans et des oeuvres que nous avons lus. Sans livre je serais moins que moins.

Lisez. Alors vous comprendrez.

lundi 26 mai 2008

SOS Jeunesse

J'ai mal...à nos jeunes! J'ai mal chaque fois que les froides statistiques nous parlent d'eux à travers nous.
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2008/05/20080526-043501.html
Lorsqu'on apprend que plus de la moitié des étudiants de 20 écoles secondaires publiques du Québec n'ont pas obtenu de diplôme, je m'inquiète de leur avenir...et du nôtre.
Surtout si cet avenir repose, nous dit-on, sur une économie du savoir. Comment construira-t-on cette société du savoir avec une fille sur cinq (20%) et près d'un garçon sur trois (31%) qui décrochent avant la fin de leurs études secondaires...La situation est tellement catastrophique chez les jeunes garçons qu'une enseignante confiait récemment que les garçons étaient tellement déclassés par les filles que certains d'entre-eux faisaient exprès pour paraître encore plus nuls qu'il ne le sont en réalité... car c'était leur seule façon d'attirer l'attention en classe!!!
Quelqu'un peut me dire où l'on s'en va avec ça?
Pour consulter le palmarès du décrochage par école:

samedi 24 mai 2008

On a les hasards qu'on mérite (bis)

Par définition, le hasard est fortuit. Il ne fait pas de bruit. Il surgit de jour comme de nuit. Une seule constance: tu es cuit. Par devant, par derrière, peu importe; quand il te tombe dessus, prêt pas prêt, tu fais partie de sa cohorte. Tu peux tenter de passer sans t'arrêter, tourner la tête de l'autre côté, t'esquiver. Mais il a pris ton numéro en te fixant dans le dos. Alors aussi bien faire face car il ne perdra ta trace. Tu restes le corps droit, l'esprit alerte; tu frissonnes en voyant qu'il t'a à la bonne. Tu respires après un soupir.
Dans ces moments-là, où la chance te fait bombance, tu ne peux que dire merci à la vie d'en avoir toisé une qui n'est pas tout un chacune.

mercredi 21 mai 2008

On a les hasards qu'on mérite

Il y a des hasards qui nous tombent dessus tôt ou tard. Rien de plus hypocrite que le hasard. Il se pointe juste au moment où tu ne l'attendais pas. Il cogne à ta porte à une heure indue; à un moment où tu ne veux pas voir un mec au bec sec se pointer dans ta bibliothèque.
Tu te dis: qu'ai-je fait au Ciel pour mériter ce hasard-là.
Le Ciel te répond: tu n'avais qu'à ne pas être là. Tu n'oses pas répliquer: Où veux-tu que je sois? de peur de passer pour un foutu tata!
Il ne te reste qu'à prendre ton hasard par le bras, le faire marcher au pas et le rouler dans un assez gros tas.
Alors, tu quittes la biblio pour ton studio et tu craques une allumette pour tout voir partir en fumette.
Avec des hasards comme ceux-là, ne t'étonne pas que d'être l'objet de moquerie parce que tu ne gagnes jamais à la loterie...
Les dés du hasard seraient-ils pipés?

mardi 20 mai 2008

OPEN ACCESS

Ayant été pris à contre-pied par une amie, je dois m'amender à l'infini. Urbi et orbi. Le flagrant délit ne mérite aucun déni. Alors, j'ouvre mes tiroirs - mes garde-robe sont déjà béants... - en acceptant que tout un chacun puisse se mirer dans mon miroir. Alors, qu'on se le dise, ici il n'y a que franchise et friandises. On dit ce qu'on ressent presque tout le temps. On raconte avec ses mots et pas seulement pour faire le beau.

jeudi 15 mai 2008

Seul en soi

« Et moi qui me pensais seule... », laisse nonchalamment tomber une amie commentant une dépêche qui raconte l'histoire d'une « Croate retrouvée dans son appartement 35 ans après son décès ». Ce n'est pas le sens de l'humour qui lui manque, à cette amie-là! Ni le style. Encore moins le sens de la répartie.
Ce n'est pas ce fait divers, en soi, qui suscite une interrogation, un questionnement. Il y a des lunes que j'affirme haut et court que la réalité dépasse 100 fois la fiction. Non, non, non, le plus intriguant là-dedans réside plutôt dans le sentiment de solitude évoquée par mon amie.
Lorsqu'on la subit, on la dégorge, on veut l'évacuer, la lessiver, l'essorer, la faire disparaître. On voudrait la troubler cette solitude. Pourtant, lorsqu'on l'espère, cet isolement peut devenir un état de grâce, une douce évasion ou encore un moment de recueillement qui permet le ressourcement, le recadrage, le dégagement, le nettoyage en profondeur dans les abimes de nous-même. Une déprogrammation. C'est comme appuyer sur RESET.
Par définition, la solitude, si elle n'est pas momentanée, n'est pas plus bénifique que la compagnie, que l'anonymat dans une foule. C'est probablement la façon dont on en use qui fait la différence. La manière dont on l'utilise influence ce qu'on ressent. On peut facilement remplir le silence; c'est le vide en soi qui est plus difficile à combler. Alors, on s'occupe de soi proportionnellement autant qu'on s'occupe des autres.
In petto et In vivo.

mercredi 14 mai 2008

Aux petits doigts qui jacassent


« Les oreilles me cillent et mon petit doigt jacasse sans bon sens; ils savent que le mal est fait », sururre une amie. L'écho de ses mots jaillit en moi et me dit que ce jacassement est à la fois utile et inutile. Utile, car c'est toujours bon d'être capable de décoder les messages que son propre corps nous transmet et de tirer des leçons de cet enseignement.

Mais c'est probablement tout à fait inutile car le mal est fait. Or, si le mal a déjà fait mal, si la cicatrice se cicatrise et se referme, si la douleur s'estompe, cela signifie que le corps a sans doute trouvé son paratonnerre pour éloigner la foudre. (Bizarre, qu'on parle de paratonnerre alors que c'est l'éclair qui frappe en premier, le tonnerre se faisant entendre après coup...) Quoiqu'il en soit, après l'orage, il ne reste plus que le bruit ambiant, le bruit de fond, à amortir.

Dis-toi que même dans les pays les plus nordiques, le Soleil finit par percer la nuit. Un Soleil de minuit qui flirte avec la lune.

mardi 13 mai 2008

Réflexion et reptation

À force de réfléchir, on finit peut-être par fléchir mais rarement par ramper. Pourtant, à examiner le comportement des uns, à écouter les réactions des autres ou à voir untel s'empêtrer dans un invressemblable tissu de mensonges, je me dis que « pour la reptation certains sont imbattables ». Sans compter les flagrants manques de jugement qui forcent leurs auteurs, après coup, à mettre le genou au tapis.
En soi, un temps de réflexion est un grand moment de quiétude avant l'angoisse de l'action et les tiraillements qui précèdent l'exécution d'un plan. Profitons pleinement de ces moments intimes de recueillement, car, quoiqu'il arrive, il y aura toujours quelqu'un quelque part pour tirer à bout portant sur celui qui prend les devants.
C'est de là sans doute qu'est née l'expression avoir des yeux tout le tour de la tête!

lundi 12 mai 2008

Un lundi

La terre tremble. Souvent. Ce jour, elle a fait osciller Richter et son échelle au 8e barreau (7,9) en plein centre de la Chine. Pourtant, y a t-il quelque chose de plus poétique, de plus intriguant, de plus merveilleux que le glissement des plaques tectoniques. Elles ont inspiré producteurs, réalisateurs, écrivains, acteurs, scientifiques.
Ce soir, elles endeuillent tout un pays avec ses milliers de morts. Aujourd'hui, un tremblement frippe la terre du centre de la Chine; hier, une tornade balaie tout sur son passage dans le Missouri et l'Oklahoma; demain, une nouvelle catastrophe chassera de nos esprits celle de ce jour, et tutti quanti.
En fait, dans ce monde, il n'y a qu'une seule, une unique et foutue certitude: le prix baril de pétrole poursuivra son ascension! Bof, il y en a peut-être une autre: le pont sera encore bloqué demain matin à l'heure de pointe. Après demain aussi... Et jeudi, la terre tremblera à un autre endroit. Il y aura de nouvelles victimes par milliers et nous aurons oublié celles d'aujourd'hui. Ce lundi deviendra un autre lundi. Et on passera à autre chose. . . encore. . .et. . .encore. . .et encore!

dimanche 11 mai 2008

Premier pas

Dimanche, 11 mai 2008

Je me crée un miroir sans savoir encore si l'image qu'il projettera sera exposée aux grands vents, protégée par l'ombre de l'amitié ou réservée à mon intimité. Mais à quoi sert un miroir qui n'a qu'un visage, qu'une âme à refléter? Je réfléchis à la réponse. Le miroir n'a qu'à rester dans le noir en attendant que je fasse la lumière en moi.