« Et moi qui me pensais seule... », laisse nonchalamment tomber une amie commentant une dépêche qui raconte l'histoire d'une « Croate retrouvée dans son appartement 35 ans après son décès ». Ce n'est pas le sens de l'humour qui lui manque, à cette amie-là! Ni le style. Encore moins le sens de la répartie.
Ce n'est pas ce fait divers, en soi, qui suscite une interrogation, un questionnement. Il y a des lunes que j'affirme haut et court que la réalité dépasse 100 fois la fiction. Non, non, non, le plus intriguant là-dedans réside plutôt dans le sentiment de solitude évoquée par mon amie.
Lorsqu'on la subit, on la dégorge, on veut l'évacuer, la lessiver, l'essorer, la faire disparaître. On voudrait la troubler cette solitude. Pourtant, lorsqu'on l'espère, cet isolement peut devenir un état de grâce, une douce évasion ou encore un moment de recueillement qui permet le ressourcement, le recadrage, le dégagement, le nettoyage en profondeur dans les abimes de nous-même. Une déprogrammation. C'est comme appuyer sur RESET.
Par définition, la solitude, si elle n'est pas momentanée, n'est pas plus bénifique que la compagnie, que l'anonymat dans une foule. C'est probablement la façon dont on en use qui fait la différence. La manière dont on l'utilise influence ce qu'on ressent. On peut facilement remplir le silence; c'est le vide en soi qui est plus difficile à combler. Alors, on s'occupe de soi proportionnellement autant qu'on s'occupe des autres.
In petto et In vivo.